Regard sur un marché · N° 03 — Marché de la skincare coréenne · Algérie
La K-beauty s’est imposée en Algérie sans qu’aucune marque coréenne n’y soit implantée.
En un peu plus de trois ans, la skincare coréenne s’est imposée comme la nouvelle référence du soin en Algérie. Aucune de ces marques n’y est réellement implantée, aucune n’y communique directement, et l’approvisionnement décrit par les points de vente reste largement informel. Le marché s’est construit sans elles.
Publié en août 2026Dusens ResearchLecture 4 min
Comment nous avons procédé
Type d’étude
Qualitative exploratoire
Volet consommatrices
7 focus groups · femmes de 16 à 50 ans · CSP AB et BC+ · utilisatrices de skincare coréenne
Volet points de vente
5 entretiens individuels en face à face auprès de responsables de magasins de cosmétiques
Couverture
Alger
Terrain
Décembre 2025 pour le volet points de vente · rapport publié en janvier 2026
01
Une adoption culturelle avant d’être cosmétique.
L’essor date de l’après-Covid, autour de 2022–2023, et coïncide avec l’explosion de TikTok. L’étude décrit une logique de consommation en trois temps : la culture coréenne est valorisée, cette valorisation installe une crédibilité, et la crédibilité précède l’intérêt pour le produit. La catégorie n’a pas eu à se faire connaître — elle est arrivée dans le sillage des K-dramas et de la K-pop.
02
Le référentiel européen a basculé.
Comparées aux produits coréens par les participantes, les marques européennes — installées de longue date — sont décrites comme moins efficaces, aux résultats peu visibles, aux technologies jugées anciennes et aux formules perçues comme plus chimiques et plus agressives. L’arrêt des importations, qui a mis fin à près de deux décennies d’usage européen et rendu ces produits chers, a ouvert la porte. La K-beauty l’a franchie.
La culture précède le produit dans la construction de la confiance
01Culture coréenne valorisée
02Crédibilité perçue
03Intérêt pour les produits
Logique de consommation telle que l’étude la restitue. Étude qualitative : cette séquence décrit un mécanisme, elle n’en mesure pas la fréquence.
03
Sans marque implantée, c’est le point de vente qui prescrit.
Aucune marque coréenne n’est réellement implantée en Algérie et aucune ne communique directement vers le public algérien : la relation se construit sur l’expérience produit et sur les tendances des réseaux sociaux. Le vendeur devient prescripteur — il dit ce qui marche, ce qu’il faut éviter, ce qui est contrefait. Les consommatrices choisissent leur magasin autant que leur produit. Dans les points de vente interrogés, la skincare coréenne représenterait 60 à 80 % des ventes face aux produits européens (20 à 40 %) — un ordre de grandeur déclaratif, sur un échantillon réduit et à Alger seulement.
Deux référentiels, tels que les participantes les décrivent
Skincare coréenne
Skincare européenne
Efficacité perçue
Perçue comme plus efficace
Résultats plus rapides
Effets visibles
Manque d’efficacité perçu
Résultats peu ou pas visibles
Technologie et formulation
Nouvelles technologies
Produits perçus comme plus concentrés
Innovation constante
Technologies perçues comme anciennes
Évolution jugée limitée
Formules perçues comme dépassées
Naturalité et composition
Perçue comme plus naturelle
Produits doux, respect de la peau
Image clean
Perçue comme plus chimique
Produits jugés plus agressifs
Moins rassurant sur la composition
Perceptions déclarées en focus group. Étude qualitative : ces éléments décrivent des représentations, ils ne mesurent pas des performances produit.
Ce que contient l’étude complète
Quatre profils d’utilisatrices et leurs routines détaillées
La cartographie des marques présentes, leur cycle de popularité et leurs produits d’appel
Les fourchettes de prix par type de produit et les logiques de rachat
Le volet points de vente : circuits d’approvisionnement, structure des ventes, contrefaçon
Les principes actifs recherchés, par tranche d’âge et par problématique de peau
Le test de concept d’une offre locale : accueil, codes de marque attendus et gamme idéale
Étude qualitative exploratoire : les éléments présentés décrivent des perceptions et des usages et n’ont pas vocation à être extrapolés à l’ensemble du marché. Les ordres de grandeur cités sont déclaratifs, issus d’un échantillon réduit et limités à Alger. Aucun point de vente interrogé et aucun élément du test de concept ne sont identifiés ici.
Ce que cela implique
Une catégorie sans propriétaire. Aucune marque n’occupe le terrain qu’elle a créé. La demande existe, la crédibilité aussi, mais elle est portée par un pays d’origine plutôt que par une marque — et se reporte donc sur celle qui est disponible au comptoir le jour de l’achat.
Le point de vente est le média de la catégorie. Dans un marché où aucune marque ne communique directement, le vendeur cumule les rôles de prescripteur, de garantie d’authenticité et de service après-vente. Toute stratégie d’entrée qui l’ignore parle dans le vide.
L’étude complète est disponible.
Volets détaillés, croisements par cible et données non publiées ici. Dites-nous la décision que vous avez à prendre.